Mendiant d'âme

01 octobre 2011

Le prix fort

J'emprunte encore ces traces du passé qui jonchaient mes traits
Des couleurs du ciel en mal des mots qu'on ne veut pas prononcer
Qu'on garde auprès de soi comme la berceuse que je chantonnais
Pour ne pas dormir, je cours après cette insomnie sans ne plus rêver.

Je me souviens encore des coups sur mon corps, sur ma peau fragile,
Cette facture d'existence que j'ai trop payée pour aimer, pour vivre,
Ne serait-ce qu'un simple regard et le murmure de ces poings habiles,
Ses formules qui violaient mon esprit jusqu'à m'en rendre ivre.

J'ai peur de le rencontrer encore cet homme qui m'a détruit,
Ce frère qui autrefois m'a trahi prétendant vouloir m'aider,
J'ai peur de cette violence qui habite tous ces Hommes unis,
Ces frères qui donnent la guerre prétendant vouloir s'aimer.

J'ai peur de toi, d'eux, et de lui, j'ai peur du monde et de la vie,
A mon tour je voudrais pouvoir prétendre à l'amour, et à mes sentiments
Mais devrais-je encore payer le prix fort d'un tel souhait si égoïste,
Devrais-je avoir ce réflexe de me protéger à chaque pas en avant,
Devrais-je avoir peur pour chaque moment de grâce que je prends ?


F.Giret -  1/10/2011

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23 septembre 2011

Pirate liquide

Je jette la clé sous la barre d'mon avion en bois
Pirate liquide, j'suis nocif quand on m'avale,
Je lève la tête et j'vois des poiscailles en naufrages
Ces autres gens d'c'monde qui flanche en cavale.

Les fringues trempées je me sens si lourd et fragile
J'fais tanguer sans cesse la barque d'mes matelots,
Ceux qui n'me lâchent jamais même pas sur la petite île
Des grands riens, plein de courage dans mon mélo.

A la force des bras ils brassent l'eau, dévorent les requins,
Ils pleurent pour moi parfois quand la vague est trop forte,
Ils sont comme ma boussole au centre d'mon désert de ruines
A deux, à trois, à quatre on est plus fort, même sans carte,

Je jette la clé sous la barre d'mon avion en bois,
Pirate liquide, j'suis nocif quand on m'avale,
Mes parents, mes amis sont mon antidote, ma voile,
Contre vents et marées, on se bat, on part en cavale.


F.Giret – 21 septembre 2011

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Espoir

J'ai envie sous l'saule la soul qui me traine
Qui saoule qui tangue à en vomir si dérisoire
Le pouvoir de partir dans les phrases de haine
D'écrire mon bon sentiment « ce » vivre sans croire.

J'ai envie de ce voyage ce séisme dans l'infime vie
Dépitée et infirme, déserter mes semblants d'existence
Frapper du poing là où ça fait mal, tout quitter, partir,
Évacuer ces cris de gorge vivants avec plus d'aisance.

Un simple geste de la main, le corps debout, la tête haute,
Pour saluer l'espoir que je veux donner à mon âme,
Écouter, parler, s'évader. Accueillir enfin le tout nouveau,
Marcher sans haine, cette force au cœur sous ma plume.


F.Giret – 21 septembre 2011

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21 septembre 2011

Le roseau

Près des roseaux l'eau murmure parfois l'écho d'un rivage lointain,
Sur la pointe de leurs cheveux sombres l'écorce du ciel noir tombe
Écrase les os fragiles de mon esprit rempli d'écumes encore si sombres
Puis emporte mes restes vers ce chemin de noyade engorgé de ravins.

Comblé de vie le lac des cygnes fous caresse ma carcasse déracinée
Comme un enfant qu'on prend contre son cœur pour le bercer d'amour
Laissant crapauds et moustiques du voyage devenir la foule qui m'entoure
Dévorant ainsi mon sang et ma chair, pour mort, sans fougue, sur le bas coté.

La peur me casse les pieds, ma tige verte enfoncée comme un socle dans la vase,
Je sens les larmes de la mare monter vers ma tête dans mon cerveau en infusion,
Mon corps craquelle sous ces illusions d'effrois en devenir d'un monde sans provision,
Il ne me reste que ce rêve d'un jour sortir enfin de ce bout d'océan en cage.


F.Giret – 12 septembre 2011

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08 septembre 2011

Souvenirs brulés

Il y a de ces choses là que j'écris pour ne plus y penser,
Que je brûlerai avec le reste de mes vieux vêtements,
Comme les vestiges d'une vie passée, d'une vie oubliée.
Je voudrais tant y croire que je transpire, que je me mens.

C'est comme un voyage, un adieu sur ma terre plate,
Un dernier mensonge dans ce grand mirador illuminé
Pour rentrer dans l'obscurité, creuser ce mur de râles,
L'édifice qui séparait mes espoirs et mes pleurs esseulés.

Que me réserve le sort, serais-je le papier brûlant de l'avenir
Un futur souvenir passé que je me hâterais de rayer
A grands coups de marqueur blanc, tout reprendre, réécrire,
Rencontrerais-je ma dépouille, ou alors, cette drôle d'envie de ressayer.


F.Giret – 7 septembre 2011

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13 août 2011

L'égo cassé

Larmes à la peau coulent mes mensonges d'amour,
Mes envies d'aimer ce miroir brisé, l'écho fragile,
Les mots résonnant au fond des vestiges sourds,
Cet ego déchiré, balayé par les temps difficiles.

Notes après notes l'échiquier sort ce roi banni,
Qui, L'âgé sans reine, au creux d'un songe m'a dit :
« Ô mélodie, le piano cassé, joue donc cette partie,
Sois, l'instant d'un plaisir, mon fou, mon vieil ami.»

Parfois sans refrain, ni recoin, je rêve de sa voix, sa vie,
Mourir de vieillesse bien fini, partir loin de mon suicide,
Cette conscience fragile qui tire si fort mon bras du vide,
Ce songe royal couvert de beaux sens et de poèmes maudits.


F.Giret - 13/08/2011

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12 août 2011

L'amour des mots

Mes mots bouillonnent, ils vaudraient se poser, exister,
Respirer le grand air, voyager jusqu'aux cimes les plus élevées,
Ils dévorent mes rêves pour ne pas s'effacer, être oubliés,
Mimant le théâtre de mes songes sur un bout de papier.

Je voudrais être avec eux, leurs murmurer une vraie raison d'aimer
Prendre le temps de les écouter, un à un, apprendre de leurs idées,
Être toujours à leurs cotés, sans les laisser échoués, sans rame ni marée,
Sur le bord de la marge, déchirée, exténués de nager sans côte ni clarté.

J'ai perdu mes mots, je suis apeuré, nu dans les rues, je suis comme dévisagé,
Veuf ou orphelin, c'est du pareil au même, où êtes vous, mes amants, mes bébés ?
Je voudrais tout recommencer, écrire tout les récits, dessiner les lettres et les déliés,
Vous pleurer sur ma peau, cesser de crier sans son, vidé de ma poésie je suis muet.

Puis goutte à goutte la pluie s'envole, sur ce ciel gravé de formes grâces, les nouveaux nés,
Je gratte l'encre noire sous mes doigts qui était resté tout ce temps là dans l'ongle cachée,
Mes mots se sont libérés et me livrent tout leur amour, je perçois mes sentiments, leurs baisers,
Mes maux, mes enfants, je peux à nouveau d'écrire ce que je ressens, mon art, notre vérité.


F.Giret - 12/08/2011

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10 août 2011

Le petit bonhomme

Il était comme un petit bonhomme sur le quai de la gare,
Fané, sans charme ni muse, accablé de tout son triste sort,
Déjà si jeune et partant vers le paradis, sans ange ni nuage,
Au bord du gouffre, sur les abysses, si bête, il pleurait si fort.

« A quoi bon » se murmurait-il, « à quoi bon, je n'ai plus cette rage …
...Je n'ai plus l'age, ni sagesse, pour donner au cœur quelques larmes d'or »,
C'était comme un écho, une chanson douce qui se finit, en sombre présage,

L'homme rabougri pressait la plume sur son épitaphe, sa dernière page,
Il n'y avait pas plus commun que ce drôle de personnage, esseulé, dehors,
Perdu dans la masse des gens malheureux, prisonnier du monde en naufrage.

Il ne voulait plus endurer ce corps chétif, sa misère déchirant les paysages,
Déferlant vents et marées dans ses songes les plus rusés, pris à la gorge
Il attendait l'arrivée du train, dernier passager, dernier wagon, dernier voyage.

Il était comme un petit bonhomme sur le quai de la gare,
Fané, sans charme ni muse, accablé de tout son triste sort,
Déjà si jeune et partant vers le paradis, sans ange ni nuage,
Au bord du gouffre, dans son cœur vide, il était déjà mort.


F.Giret - 10/08/2011

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Ma mère

Caresse du vent, parfum de galère,
Toute la misère s'écoule sur la terre,
Aux bords des falaises, face à la mer,
L'horizon se déguise en cimetière.

Plus rien pour rester à travers mon calvaire.
Sauf le plus grand des cœurs, celui de ma mère,
Qu'elle taille et épuise pour pas que je ne me perde,
Le sacrifice le plus fier pour qu'enfin, je me libère.

Cette femme qui m'a vu grandir sans père,
Sous tous les maux de l'enfance et des pleurs,
Croire encore à l'espoir sans partir ni se taire,
Partager l'amour fragile dans ses actes et prières.

Le regard perdu dans la nuit, je vois sa lumière,
Et ensemble, j'assume ma psyché parfois précaire,
Parfois encore, je me dresse, ensemble, face à la peur.
Ma mère, la plus grande dame, la meilleure des mères.


F.Giret 10/8/2011

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09 août 2011

Verveine âpre

Je suis au pigeon de voyage, le corbeau qui regarde son fromage,
Tacheté de regrets et de blessures sur les vestiges de l'enfance,
Ce manoir comestible aux vers les plus déplaisant de nos fables
Que l'on se joue dans nos cœurs, macabres, perdus dans l'errance.

Je voudrais être cette colombe, qui, de blanc, s'envole aux cieux
Vers les dieux, qui loin de la misère, m'ignorent sans vergogne.
Je grogne, je croasse, j'agite mes ailes noires sans force trop peureux,
Accompagné sans autre mesure d'aveux de faiblesses, mon dogme.

Je suis au courageux de passage, l'affreux qui boit son breuvage,
Amer d'histoires que l'on ne voudrait plus entendre ni faire face,
Ce poison qui coule dans mes veines sans raison ni envie, la verveine âpre,
Oubliant pour toujours que chaque jour est fait de petites différences.

Je voudrais être ce fou, qui, inconscient, croit que tout est heureux,
Que rien n'est écrit de ces récits qu'il chantonne tout sourire aux amis.
Je pleure, je hurle, je rêve mon désir de révolution, mes nuits malheureuses,
Entre mes doigts fatigués, je noie, j'épuise, ma constante, ma vie.


F.Giret 9/8/2011

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